Cette semaine, j’ai eu le plaisir de retourner à Bazuel, une charmante commune du Cambrésis, et plus précisément à la chapelle Saint-Maurice, que j’avais déjà photographiée l’été dernier. En cette belle matinée d’automne, j’ai été émerveillé par la beauté des lieux, rehaussée par les couleurs chatoyantes de la saison et le calme apaisant qui émane de cet endroit enchanteur.

Cette petite chapelle en briques, perchée au-dessus d’une source, se trouve au cœur d’un parc arboré, offrant un spectacle pittoresque en cette période de l’année. Son architecture simple, agrémentée de délicats détails gothiques, évoque une sérénité profonde. Les arbres, dont les feuilles dorées et rougeoyantes forment un écrin naturel autour de l’édifice, ajoutent à l’atmosphère magique. Le sol, recouvert d’une épaisse couche de feuilles mortes, invite à une promenade contemplative. La douce lumière matinale caresse les murs de pierre, créant une ambiance empreinte de mystère et de romantisme.
La chapelle Saint-Maurice, en plus de sa beauté, est profondément ancrée dans la tradition locale. Selon la légende, l’eau de la source aurait jailli sous le sabot du cheval de saint Maurice, un fait qui a également inspiré la forme du lavoir adjacent. Les premières mentions de la chapelle sont apparues dans des archives dès 1621, notamment lors du procès de Marie Lanechin.
Au fil des siècles, cet édifice a subi de nombreuses transformations. Les archives indiquent qu’elle a été reconstruite en 1776 et encore en 1865. Bien que la chapelle ait été restaurée et bénie le 8 octobre 1866, elle est rapidement tombée en ruines, ce qui a conduit le conseil municipal à planifier une nouvelle reconstruction en 1867. Les travaux, qui comprenaient la réfection complète de la toiture, le remplacement des fenêtres et la réinstallation de l’ancienne porte, ont été achevés en un temps record, le 20 septembre de la même année. Toutefois, des incohérences dans les dates laissent penser que la bénédiction réelle pourrait avoir eu lieu un an plus tard, le 8 octobre 1867.

La chapelle, vénérée par la population locale, abritait deux objets de dévotion importants : l’image de la Sainte-Face et une statue de Saint-Maurice. Bien que l’image de la Sainte-Face soit aujourd’hui oubliée, son existence a été documentée par l’abbé Midavaine, et il est probable qu’elle ait été perdue pendant la Grande Guerre. En revanche, la statue de Saint-Maurice possède une histoire tumultueuse. En janvier 1928, elle fut volée dans la chapelle près de la gare du chemin de fer du Cambrésis. Cet acte criminel a suscité des soupçons envers Achille Ramlot, un belge ayant quitté le pays peu après le vol. Bien que la statue ait été vendue à un antiquaire local, son parcours après le vol reste obscur, bien qu’il semble qu’elle ait été retrouvée par la suite.
La statue a été restaurée pour la première fois par l’artiste peintre bazuelois Didier Daniel, retrouvant sa place dans la chapelle après une messe le 17 juin 1990. Une seconde restauration a eu lieu quinze ans plus tard, dirigée par René Vallet d’Hirson, qui a réparé l’avant-bras de la statue et lui a redonné une lance. Cette effigie, ainsi rénovée, a été bénie avec l’eau de la source par l’abbé Paul Serge et le diacre Michel Carlier lors de l’office du 24 juillet 2005.
La chapelle Saint-Maurice est bien plus qu’un simple monument. Elle incarne la dévotion des habitants de Bazuel et témoigne d’une riche histoire, jalonnée d’événements marquants qui soulignent à la fois la vénération des fidèles et les défis liés à la préservation de notre patrimoine culturel.
