Autrefois, la rive droite de l’Escaut abritait un site emblématique du XIXᵉ siècle : l’ancien port fluvial de Thun-l’Évêque. Véritable carrefour d’activités, il s’articulait autour d’une darse, ce bassin rectangulaire conçu pour accueillir et décharger les péniches. Cette darse, encore visible aujourd’hui, marque l’embouchure où elle rejoint l’Escaut, offrant un vestige tangible de l’époque où le port était en plein essor.

ancien port fluvial de Thun-l'Évêque

Le long des berges, une population variée gravitant autour du canal animait cet espace. Bateliers, éclusiers, commerçants, réparateurs et entrepreneurs participaient à la dynamique économique locale. Le canal jouait alors un rôle clé dans le transport de l’or noir extrait des mines du Nord, essentiel pour approvisionner Paris. Grâce à ce moyen de transport efficace, des volumes considérables de matériaux transitaient au profit de l’activité économique environnante.

Parmi les structures marquantes, le moulin industriel Crépin tenait une place centrale. Spécialisé dans la transformation des grains en farine, il s’appuyait sur le trafic fluvial pour l’acheminement de ses matières premières et la distribution de ses produits. La fermeture du moulin en 1989 a signé la fin d’une ère, déjà fragilisée par le déclin du transport fluvial dans la région. Avec l’abandon progressif du port, les bâtiments industriels furent démolis et le site déserté.

Aujourd’hui, seul le nom de la rue du Port rappelle ce passé foisonnant, où l’animation des quais témoignait d’une époque où l’Escaut était au cœur de la vie économique locale. Les vestiges de la darse, quant à eux, subsistent comme un discret hommage à cette période révolue, riche en histoire et en labeur.