Perchée sur un promontoire surplombant la rivière Écaillon, l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Bermerain se dresse comme un témoin silencieux de l’histoire médiévale et religieuse de la région. Construite en grès à partir du XIe siècle, cette charmante église de style roman captive par son authenticité et son riche patrimoine architectural. Encore ceinte des vestiges de son ancien mur d’enceinte, elle évoque une époque où les édifices religieux servaient autant de lieux de culte que de refuges pour les communautés locales.

Une tour romane, symbole de défense et de spiritualité
La tour romane, partie la plus ancienne de l’église, rappelle le rôle défensif qu’elle jouait autrefois. Son entrée, surmontée d’un arc reposant sur deux pierres plates saillantes, est doublée d’un second arc composé de pierres étroites et allongées, témoignant du savoir-faire des bâtisseurs de l’époque. Un oculus orné d’un vitrail contemporain, posé en 1998, illumine la partie médiane de la tour, où se trouvaient jadis un four à pain et une cheminée, rappelant la vie quotidienne qui animait ces lieux.
Des trésors artistiques et historiques
À l’intérieur, l’église recèle des trésors inestimables. Les fonts baptismaux, taillés dans la pierre de Lessines, reposent sur le carrelage d’origine et sont entourés des trois anciennes grilles de la tribune. Près de l’entrée, un bénitier provenant de l’ancienne cathédrale de Cambrai, détruite en 1816, attire l’attention. Offerte au chanoine Eloi Demoulin, ancien doyen de Solesmes, cette pièce historique a été généreusement donnée à l’église par ses héritiers, la famille Herbert, en 1989.
La chaire à prêcher, sculptée en 1774, est une œuvre remarquable due au talent conjugué d’un menuisier de Valenciennes, le sieur Danhiez, et du sculpteur François Le Blond, sujet autrichien. Classée monument historique à titre d’objet, elle témoigne de l’art baroque et de l’influence artistique transfrontalière de l’époque.



Une pierre tombale, symbole d’amour éternel
Parmi les trésors de l’église se trouve la pierre tombale d’Aubert de Bouchain et de son épouse Jeanne Largillies, datant de 1637. Ornée d’un cœur, emblème d’affection mutuelle dans la vie comme dans la mort, elle rappelle avec émotion les liens qui unissaient les défunts et la pérennité de leur mémoire à travers les siècles.
Un patrimoine vivant, entre histoire et modernité
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Bermerain est bien plus qu’un simple édifice religieux : c’est un livre ouvert sur l’histoire locale, un sanctuaire où se mêlent l’art roman, les influences baroques et les donations contemporaines. Chaque pierre, chaque vitrail, chaque ornement raconte une histoire, celle d’une communauté qui a su préserver et honorer son patrimoine à travers les âges.
Aujourd’hui encore, ce lieu chargé de spiritualité et de mémoire continue d’accueillir visiteurs et fidèles, offrant à tous un voyage dans le temps au cœur d’un paysage préservé, où l’Écaillon murmure toujours les secrets des siècles passés.
