Ce matin, j’ai décidé de m’offrir une parenthèse hors du temps. Direction Estourmel, un petit village du Cambrésis dont on m’avait vanté le charme et le patrimoine. Et je peux vous le dire : je n’ai pas été déçu.
Dès mon arrivée, le calme et la verdure m’ont frappé. Ici, pas de bruit, pas de précipitation… juste la sérénité d’un village où l’histoire se mêle à la nature. Ma promenade commence devant la mairie, un élégant bâtiment érigé en 1847. Avec son architecture sobre et harmonieuse, elle respire le charme rural d’autrefois. C’est simple, mais tellement authentique.

Je poursuis ma route, impatient de découvrir la chapelle Bricout, dont on m’avait parlé comme d’une petite merveille. Et quelle découverte ! Construite en 1865, elle semble tout droit sortie d’un conte. Ses arcs brisés, ses pinacles délicats, ses motifs trilobés et quadrilobés, ses chapiteaux sculptés de crochets et de choux fleuris… tout évoque la finesse du style néo-gothique. On dit qu’elle est une réplique miniature de la Sainte-Chapelle de Paris – et je veux bien le croire. Pas étonnant qu’elle soit inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1990. Je reste un moment à l’admirer, le nez en l’air, à scruter chaque détail.
Juste derrière, l’église Saint-Vulgan domine fièrement. Érigée en 1866, elle abrite un magnifique maître-autel et, surtout, un gisant représentant les marquis d’Estourmel. Devant cette œuvre, je me surprends à imaginer la vie d’autrefois, quand nobles et paysans animaient ce coin de campagne.

Je quitte le centre pour rejoindre un site qui attise ma curiosité : la Butte Féodale. Aujourd’hui, ce n’est qu’une butte couverte d’herbes et d’arbres, mais elle cache une histoire fascinante. Ici se dressait autrefois le donjon d’un château médiéval. Ses souterrains, aujourd’hui comblés, racontent en silence la fin du XIVᵉ siècle et ses temps troublés.
En reprenant ma balade, je tombe sur plusieurs chapelles disséminées dans le village. Chacune a son histoire :
- La chapelle Saint-Jean-Baptiste, qui fut démolie au milieu du XIXᵉ siècle avant d’être reconstruite et bénie en 1910.
- La chapelle Notre-Dame de Lourdes, inaugurée en 1926 par le chanoine Demoulin, qui semble veiller sur les habitants avec douceur.
- Et enfin, la chapelle des Embourbés, au passé insolite : construite en bois, elle intégrait autrefois une guérite qui servait d’abri à ceux qui montaient la garde durant l’occupation allemande de 1914-1918.
Ma marche me mène ensuite devant le Calvaire néo-gothique, érigé en 1840. Il se distingue par ses imposantes portes et son superbe vitrail. Sous les rayons du soleil, les couleurs jouent avec la lumière – c’est tout simplement splendide.

Pour terminer la journée, je me rends au hameau d’Ignel, où la chapelle Sainte-Philomène m’attend. Érigée en 1839 par la famille Théron en mémoire d’une fille disparue tragiquement, elle a été restaurée en 1927. Sa porte ogivale lui donne une allure gracieuse, presque romantique. Ici, le temps semble s’arrêter.
En quittant Estourmel, je me promets déjà d’y revenir. J’ai emprunté « Le Chemin des écoliers », un sentier qui serpente à travers le village et qui offre une vue sur de jolies demeures, typiques du Cambrésis. On y respire la quiétude, on y entend le vent dans les arbres, et surtout… on s’y sent bien.
Si vous aimez l’histoire, la nature et les villages authentiques, Estourmel est une halte incontournable. Venez flâner, laissez-vous surprendre par son patrimoine, et repartez le cœur léger, des images plein la tête.
