Le village de Reumont, localisé au cœur de la région historique du Cambrésis, est un point de convergence historique dont l’importance ancienne est solidement ancrée dans le réseau des grandes voies de communication de la Gaule romaine. Son territoire communal est en effet coupé par une ancienne voie romaine de première importance, une artère stratégique qui reliait les centres majeurs de Bavay et de Vermand. Cette route, un témoignage frappant de l’infrastructure antique, a traversé les siècles et est aujourd’hui connue localement sous le nom de « chaussée Brunehaut ». Il est cependant essentiel de dissiper une confusion historique fréquente : cette désignation n’est pas un hommage rendu à la célèbre et puissante reine franque Brunehaut, dont la rivalité avec Frédégonde marque le haut Moyen Âge. L’appellation dérive plutôt de l’expression populaire « borne haut », une référence directe aux jalons ou bornes qui servaient autrefois de repères visibles pour baliser l’itinéraire de cette chaussée.

La Chaussée Brunehaut à Reumont

La présence de cette voie de circulation majeure souligne l’intensité probable de l’occupation gallo-romaine dans le secteur. De fait, le sous-sol même de Reumont est attesté comme recelant des traces d’occupation gallo-romaine dont la pleine mesure et la signification exacte n’ont pas encore été complètement élucidées. Malgré des découvertes importantes réalisées dès le XIXe siècle, une large part de cet héritage antique reste enveloppée de mystère, et les recherches n’ont pas encore permis de lever totalement le voile sur l’étendue et la nature précises des vestiges enfouis.

L’histoire archéologique de Reumont s’est principalement écrite à travers la mise au jour de sépultures, suggérant l’existence d’une zone funéraire significative. La première trace documentée remonte à 1803, date à laquelle furent dégagés, dans une zone qualifiée de « près du village », des squelettes humains accompagnés d’un mobilier funéraire peu abondant. Quarante ans plus tard, en 1842, ce fut une nouvelle série de découvertes qui vint enrichir l’histoire du site : seize tombes mérovingiennes furent exhumées cette fois « au centre du village ». L’imprécision des localisations pour ces deux découvertes majeures constitue une difficulté pour la recherche moderne. Néanmoins, l’éventail chronologique représenté par ces sépultures, s’étendant de l’époque gallo-romaine présumée (1803) à l’époque mérovingienne (1842), plaide fortement en faveur d’une hypothèse unificatrice. Il est vraisemblable que ces découvertes successives, malgré leur écart dans le temps, proviennent d’une seule et même nécropole, ayant servi sur une période étendue, attestant d’une continuité d’occupation et d’une importance notable du site le long de cette grande voie de communication. C’est à partir de 1889 que des fouilles furent entreprises de manière plus suivie, permettant de recueillir un mobilier archéologique plus substantiel. Ces précieux artéfacts, témoins du passé lointain de Reumont, furent par la suite déposés aux musées de Bavay et de Valenciennes, où ils constituent aujourd’hui les preuves tangibles de l’histoire du village, le long de la légendaire chaussée Brunehaut.