À quelques kilomètres du Cateau-Cambrésis, s’étend un endroit paisible et enchanteur : Bois-l’Évêque. Ces 730 hectares de nature verdoyante cachent un trésor peu connu, dissimulé sous la végétation qui a repris ses droits au fil des décennies. Trois imposantes tours de guet, érigées pendant l’effervescence de la Seconde Guerre mondiale, se dressent encore aujourd’hui comme des gardiennes du passé.

L’histoire de Bois-l’Évêque est profondément entrelacée avec les tourments des conflits mondiaux. À proximité de la Maison Owen, ces tours de guet racontent un chapitre méconnu de la Seconde Guerre mondiale. En effet, pendant l’occupation allemande, le camp militaire local a été investi par l’ennemi, qui avait des projets sinistres : la construction d’une base de lancement pour les redoutables missiles balistiques V2. Heureusement, grâce au courage et à la détermination de la Résistance, ce projet diabolique ne vit jamais le jour. Malgré tout, une partie du chantier fut achevée par l’occupant, donnant naissance à ces trois impressionnantes tours.
Ces tours de guet, aujourd’hui enveloppées par la végétation, suscitent de nombreuses questions quant à leur utilité exacte. Si elles ne possédaient pas d’escaliers, elles étaient dotées de vastes terrasses en béton, probablement destinées à accueillir des dispositifs de défense anti-aérienne. Le mystère qui les entoure laisse place à l’imagination, mais il est indéniable qu’elles portent en elles les cicatrices de ces temps troublés.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée française avait entreposé ses précieuses munitions dans ces terres boisées, mais elles tombèrent sous le contrôle des Allemands en 1940, qui y établirent leurs propres dépôts. La menace des missiles V2 planait alors, mais la résistance héroïque du maquis local empêcha la construction de la base de lancement, préservant ainsi la région de l’horreur de ces armes destructrices.
Ces trois tours de guet, érigées dans un passé tumultueux, témoignent de l’importance stratégique de Bois-l’Évêque pendant les deux guerres mondiales. Aujourd’hui, ce site historique a retrouvé sa sérénité. Les visiteurs viennent s’y promener, méditer, voire puiser l’inspiration dans ces vestiges silencieux. Au sein de cette nature préservée, on découvre également la charmante chapelle de l’Ermitage, telle une relique protégée par le bois, rappelant que la paix a finalement triomphé sur les tumultes du passé.
Ces trois tours de guet, bien qu’elles n’aient jamais rempli leur rôle initial, demeurent des sentinelles silencieuses de l’histoire militaire de Bois-l’Évêque, rappelant aux générations futures les sacrifices et le courage de ceux qui ont préservé la liberté et la paix.
