La majestueuse grange dîmière du XVIIe siècle, adossée au château d’Esnes, se dresse fièrement, témoin immuable d’une époque révolue. Avec ses 410 mètres carrés imposants, elle trône en ruine, dépourvue en grande partie de sa toiture, exposée aux regards curieux depuis la rue. Jadis, cette grange, inscrite au titre des monuments historiques, servait à entreposer les fruits de la collecte de la dîme, cet ancien impôt de l’Ancien Régime destiné à soutenir l’Église catholique. Les revenus agricoles étaient ainsi prélevés pour subvenir aux besoins des prêtres, de l’entretien des édifices religieux, de l’évêque et des plus démunis.

Édifiée selon le procédé des rouges barres, mêlant harmonieusement pierres et briques, cette grange était le témoin silencieux d’un système fiscal ancien. Selon les écrits de l’Abbé Boniface, l’Abbaye de Saint Aubert de Cambrai, principale bénéficiaire des dîmes dans la paroisse, prélevait une gerbe sur neuf, laissant huit gerbes à l’abbaye et une au curé d’Esnes.
Sous ses fondations, la grange recèle un réseau de caves ancestrales, évoquant les réalisations cisterciennes d’autrefois, désormais laissées à l’abandon. Malheureusement, l’effondrement partiel de sa charpente il y a quelques années a plongé ce monument dans un péril imminent, exigeant des interventions urgentes de stabilisation et de restauration.
La Renaissance annoncée
Heureusement, une lueur d’espoir se profile à l’horizon. Les propriétaires ont obtenu plusieurs subventions de la région Hauts-de-France et de l’État pour entreprendre la rénovation tant attendue de cette grange dîmière, inscrite au patrimoine de l’UNESCO. Dans un premier temps, elle sera mise hors d’eau, avec la réfection de sa toiture, annonçant le début d’une restauration salvatrice pour ce joyau historique.
