Parmi les trésors religieux du nord de la France, la châsse de sainte Maxellende, conservée dans la basilique Sainte-Maxellende de Caudry, se distingue comme un chef-d’œuvre d’orfèvrerie médiévale. Autrefois considérée comme l’une des sept merveilles du Cambrésis, cette pièce exceptionnelle, datant du XVe siècle, allie la finesse de l’artisanat à la richesse symbolique, témoignant de la dévotion et du savoir-faire des artisans de l’époque.

La Châsse de Sainte Maxellende à Caudry

Une Architecture Miniature Inspirée des Églises

La châsse se présente sous la forme d’une église miniature, dépourvue de transept et de chevet, reposant sur quatre lions accroupis, emblèmes de force et de vigilance. Soutenue par seize contreforts, elle mesure 1,08 mètre de long, 0,39 mètre de large et 0,83 mètre de haut. Sa structure en lames de cuivre doré, rehaussée de pierres précieuses, en fait un objet d’une grande élégance.

Un Décor Riche en Symboles

Les façades latérales de la châsse sont ornées de dix statuettes en argent repoussé, représentant les apôtres. Les deux faces principales, quant à elles, mettent en scène deux figures centrales : sainte Maxellende, martyre vénérée dans la région, et saint Sarre, un autre saint local. À l’intérieur, un coffret précieux renferme les reliques de la sainte, accompagnées des procès-verbaux de reconnaissance du XIVe siècle, attestant de leur authenticité.

Une Histoire mouvementée

La châsse a connu un parcours historique marqué par des déplacements et des redécouvertes. En 1361, sous l’épiscopat de Pierre André, évêque de Cambrai, les reliques de sainte Maxellende y furent solennellement transférées au Cateau. Cependant, ce n’est qu’en 1791 qu’elle fut restituée à Caudry. Elle trouva enfin sa place définitive le 15 avril 1896, sur l’autel qui lui est dédié dans le transept de la nouvelle église.

La Châsse de Sainte Maxellende à Caudry

Qu’est-ce qu’une châsse ?

Le terme « châsse » provient du latin capsa, signifiant « boîte » ou « cercueil ». Il désigne un reliquaire destiné à abriter le corps entier ou des fragments d’un saint. Certaines châsses, comme celle de sainte Maxellende, adoptent la forme d’un édifice religieux en métal précieux, symbolisant le lien entre le ciel et la terre. Autrefois appelées « fiertes » (du latin feretrum, « civière mortuaire »), ces pièces étaient souvent richement décorées pour honorer les saints qu’elles contenaient.

Un Héritage Artistique et Spirituel

Aujourd’hui, la châsse de sainte Maxellende demeure l’un des plus remarquables exemples de l’art sacré médiéval dans le Cambrésis. Elle incarne à la fois la ferveur religieuse des fidèles et le talent des orfèvres de l’époque. Plus qu’un simple reliquaire, elle est une œuvre d’art historique, un pont entre le passé et le présent, invitant les visiteurs à contempler la beauté et la spiritualité d’un patrimoine préservé.

Pour ceux qui s’aventurent à Caudry, la découvrir, c’est plonger dans l’histoire et admirer un trésor où le cuivre, l’argent et la foi se mêlent harmonieusement.

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