Situés au 58 chemin de Montay, en bordure de la rivière Selle, les anciens abattoirs du Cateau-Cambrésis témoignent d’un riche passé et d’une évolution marquée par les besoins de chaque époque. Inaugurés le 12 mai 1859, ils ont traversé les siècles en connaissant trois grandes transformations.

Une réponse aux enjeux sanitaires du XIXᵉ siècle
Au début du XIXᵉ siècle, les pratiques d’abattage étaient encore peu réglementées. Les boucheries tuaient les bêtes à proximité de leurs établissements, exposant les habitants à des problèmes d’hygiène et à des risques sanitaires. C’est dans ce contexte qu’en 1810, Napoléon impose des règles strictes pour encadrer l’abattage des animaux. La crise de choléra de 1832, qui fit plus de 100 000 victimes en France, intensifie cette volonté de centraliser et sécuriser ces activités.
C’est sous l’impulsion d’Auguste Seydoux, alors maire du Cateau-Cambrésis, que la construction des abattoirs municipaux est décidée. Conçus par l’architecte valenciennois Casimir Pétiaux, ces bâtiments de briques élégants et fonctionnels voient le jour en 1859. Avec une superficie de 11 500 m², l’installation est pensée pour faciliter le travail des bouchers tout en garantissant des conditions sanitaires optimales. Cependant, à l’époque, les rejets des abattoirs, tels que les graisses et eaux usées, étaient directement déversés dans la rivière Selle, reflet des pratiques courantes de l’époque.
Un lieu abandonné puis réinvesti
Après plus d’un siècle d’activité, l’abattoir ferme ses portes dans les années 1970, ne répondant plus aux normes sanitaires modernes. Les bâtiments tombent alors en désuétude. Quelques années plus tard, les Haras Nationaux y installent brièvement une station de reproduction équine, mais cette activité s’interrompt rapidement, laissant les lieux à l’abandon. L’établissement, autrefois symbole de modernité, devient tour à tour entrepôt et site de dépôts sauvages, oubliant son prestige d’antan.

Une renaissance dédiée à l’enfance et aux loisirs
En 2013, une nouvelle page s’écrit pour ces bâtiments historiques. La structure Vacances Plurielles Loisirs acquiert le site avec l’ambition de le transformer en un espace accueillant pour des centres aérés. Baptisé La Parenthèse au Vert, ce projet se concentre sur la rénovation et la préservation de ce patrimoine. En février 2024, les premiers enfants franchissent les portes de ce lieu chargé d’histoire, marquant le début d’une troisième vie dédiée à la jeunesse et au bien-être.
Aujourd’hui, les anciens abattoirs du Cateau-Cambrésis incarnent l’adaptabilité et la richesse de ce patrimoine local, transformant un symbole d’hygiène industrielle en un espace de loisirs et de découverte.
