À Neuvilly, il existe quelques chapelles, mais l’une d’elles attire une attention toute particulière, surtout si vous aimez les histoires où le mystère flirte avec l’humour (et un soupçon d’imagination débordante). Voici donc la légende – ou plutôt l’anecdote – de la Chapelle Notre-Dame de Bon Secours.

Chapelle Miraculeuse à Neuvilly

L’histoire remonte à 1829, en des temps où les nuits étaient sombres, les chemins peu sûrs, et les brigands un poil trop entreprenants. Un certain Loir Colmant, apparemment originaire du Cateau, s’aventurait seul sur l’ancienne route menant du Cateau à Solesmes, un chemin qui, déjà à l’époque, n’était pas réputé pour ses animations nocturnes. Imaginez la scène : le silence pesant, les ombres menaçantes… et soudain, paf, des brigands surgissent (ou pas, mais on y reviendra).

Alors que notre héros du soir voyait sa vie défiler entre deux coups de gourdin (ou peut-être deux crises d’angoisse, qui sait ?), il eut l’idée lumineuse – ou désespérée – d’invoquer Notre-Dame de Bon Secours à pleins poumons. Et là, miracle (ou coïncidence bienvenue) : les malandrins disparurent aussitôt ! Que s’est-il passé ? Ont-ils pris leurs jambes à leur cou en entendant un bruit suspect ? Ont-ils cru que d’autres voyageurs approchaient ? Ou bien… n’étaient-ils jamais là ? Mystère. Toujours est-il que Loir, reconnaissant comme jamais, décida d’immortaliser l’événement en construisant une chapelle miniature sur les lieux mêmes du miracle.

Cette petite chapelle, d’à peine 80 centimètres de côté et 2 mètres 50 de haut, portait jadis l’inscription suivante : Notre-Dame de Bon Secoure. Fait par Loir Colmant (1829). Une inscription aujourd’hui disparue, peut-être victime des affres du temps… ou de voleurs, qui, eux, semblent toujours avoir un faible pour ce coin de Neuvilly.

D’ailleurs, en parlant de voleurs, un tronc destiné à recueillir les modestes offrandes des fidèles fut installé près de la chapelle. Mais voilà, la tentation étant plus forte que la dévotion pour certains, les petites pièces déposées disparaissaient aussi vite qu’un brigand face à un cri de détresse. Le curé local, pragmatique, décida finalement de retirer le tronc pour ne pas « tenter le diable » parmi ses ouailles.

Ainsi, la Chapelle Notre-Dame de Bon Secours reste un témoignage d’une époque où un cri nocturne pouvait suffire à repousser les brigands… ou à alimenter une bonne histoire à raconter les soirs de veillée. Quant à savoir si les brigands étaient réels ou imaginaires, cela reste entre Notre-Dame et Loir Colmant !