Située au 5 rue de Fénelon, à proximité immédiate de l’église de Catillon-sur-Sambre, se dresse une remarquable maison bourgeoise datant de 1751, construite en brique et en pierre. Par son style unique et sa riche histoire, elle constitue sans conteste l’édifice le plus notable du village. La date de construction, bien lisible grâce aux ancres en fer forgé disposées sur la façade, est mise en valeur par une élégante corniche en pierre qui en souligne l’architecture.

Cette demeure intègre dans sa structure des éléments d’une bâtisse plus ancienne, dont une porte entourée de pierre bleue. Le linteau de cette porte porte une pierre gravée de la date 1705 ainsi que du monogramme christique « IHS » (Iesus Hominum Salvator) et des initiales JH, correspondant à Jean Huvelle, mayeur du village et premier constructeur de la maison. Par la suite, la propriété passe à son fils, notaire et brasseur, avant de revenir à sa fille Marie Josèphe, épouse de Pierre Pamar, mayeur et notaire de Catillon. C’est ce dernier qui fit édifier la maison actuelle, imposante par ses dimensions et représentative de son statut au sein de la communauté.
À la mort de Pierre Pamar en 1764, la maison devient la propriété de sa fille aînée, qui épouse en 1766 Constant Gressier, le dernier propriétaire avant la Révolution française et également le dernier mayeur du village. Le rôle de mayeur, essentiel sous l’Ancien Régime, s’apparentait à celui d’un maire, bien que ses fonctions varient selon les régions.
Malheureusement, le 17 frimaire an III (7 décembre 1794), tous les biens de la famille sont confisqués et vendus comme biens nationaux en raison de leur émigration.
De nos jours, cette maison privée, visible depuis la rue, conserve tout son charme d’antan et témoigne d’un passé historique riche. Elle reste un des joyaux architecturaux de Catillon-sur-Sambre, à découvrir au détour d’une flânerie dans le village.
