L’ancien Château du Fayt à Troisvilles, héritage d’une riche histoire locale, est né au sein de l’une des trois seigneuries originelles qui ont constitué le village, aux côtés d’Euvillers et de Sotières. Ce regroupement a donné naissance à Troisvilles, dont le nom a été officialisé en 1582 sous l’influence de Jolitrofert du Cateau.

Le Château du Fayt à Troisvilles

La seigneurie de Fayt, mentionnée dès 1096, appartenait à diverses familles au fil des siècles. En 1376, Jehan du Fayt, aussi seigneur de Béthencourt, y règne. Connu sous le nom de Kiéré, il est tué par Allemand Aspers à Cambrai. Plus tard, les Fariaux de Bertry, puis la famille d’Esclaibes, en prennent possession. Vers 1740, Michel-Joseph de la Torre-Butron, par son mariage avec Marie-Désirée d’Esclaibes, devient seigneur de Fayt et député de la noblesse aux États Généraux de Cambrai. En 1756, sa veuve réutilise les pierres de l’ancien donjon pour édifier le moulin « Des Pierres », toujours visible dans le village. Rebaptisé château De La Tour, il appartient à la famille de Taffin en 1789, puis devient propriété du comte Bauchelet de Beaurain après son acquisition comme Bien National, avant d’être cédé en 1832 aux Pruvost, ancêtres de l’actuel propriétaire.

Aujourd’hui, des vestiges importants du château sont encore visibles, bien qu’en mauvais état. La tour cylindrique en brique et pierre, restaurée en 1855, témoigne du passé médiéval du lieu. Le corps principal, datant du début du XVIIe siècle comme l’indiquent ses ancres métalliques, présentait côté cour un seul niveau avec fenêtres tandis que la façade du côté parc disposait de deux étages avec trois ouvertures chacune.

Un escalier de bois, jadis contenu dans la tour, reliait les niveaux de la demeure, et un souterrain partant de cette tour, encore en partie existant bien que bouché, menait jusqu’à l’église de Troisvilles dédiée à Notre-Dame de Tongres. Dans la cour centrale, une statue de la Sainte trône au-dessus d’un ancien puits de 25 mètres de profondeur transformé en chapelle, désormais appelé Notre-Dame de la Tour.

Les caves du château, datant du XVIe siècle, sont un élément remarquable de cette bâtisse. Ces vastes soubassements voûtés en brique reposent sur des colonnes en pierre bleue, un style architectural que l’on retrouve dans d’autres châteaux historiques de la région, comme celui de Marguerite de Bourgogne au Quesnoy. Les murs épais de plus de deux mètres renforcent cette structure séculaire. Enfin, les bâtiments annexes, construits au XVIIIe siècle et coiffés de toits Mansart, rappellent l’ancienne fonction agricole du domaine.