Lorsque vous parcourez les paisibles rues de la commune d’Awoingt, voisine immédiate de Cambrai, un curieux vestige attire l’attention des promeneurs avertis. Situé rue Pasteur, à quelques pas de l’école communale, un imposant mur de briques attire les regards. Ce dernier abrite trois colonnes de pierre à demi-engagées, vestiges silencieux d’un passé aujourd’hui oublié.

Ces colonnes intrigantes, enchâssées dans leur écrin de briques rouges typiques de la région, constituent l’un des rares témoins visibles d’un ancien édifice. D’après l’inventaire du patrimoine des communes du Nord, ce mur serait tout ce qui reste d’un monastère, autrefois édifié par l’abbaye d’Hasnon ou celle de Saint-André du Cateau. Malheureusement, l’absence d’archives rend l’histoire exacte de ce lieu difficile à percer.
Les abbayes de la région, comme celle d’Hasnon près de Saint-Amand-les-Eaux, étaient bien implantées dans le Cambrésis, une terre fertile où elles possédaient fermes, terres et autres biens. Adolphe Bruyelle, historien du XIXe siècle, mentionnait en 1849 que les moines d’Hasnon géraient une ferme sur les terres d’Awoingt. Était-ce là l’origine de ce mur ?
Si certains y voient les vestiges d’un monastère ou d’un couvent, d’autres suggèrent une hypothèse plus pragmatique. Ce mur pourrait avoir marqué l’entrée monumentale d’une cense, ces grandes fermes fortifiées qui symbolisaient richesse et pouvoir.
Aujourd’hui, le mystère demeure entier. Ce fragment de pierre et de brique, figé dans le temps, continue d’interroger et d’émerveiller. Que vous soyez passionné d’histoire ou simple curieux, une promenade à Awoingt est l’occasion de s’imprégner de ce patrimoine discret mais fascinant, en rêvant aux secrets que ce mur énigmatique pourrait encore dévoiler.
Alors, la prochaine fois que vous passerez par la rue Pasteur, prenez le temps de contempler ce témoin silencieux d’un passé révolu. Qui sait, peut-être qu’un jour, ce mur nous révèlera enfin tous ses mystères…
